la vie d'une mémé de Provence...
Par mounic
Hier soir, je suis allée me promener, vers 20h, pour m'oxygéner l'esprit, qui, de temps en temps, et de plus en plus souvent, en a grand besoin!
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Voilà qu'une odeur que je connais bien est venue me chatouiller les sinus...Cette senteur si caractéristique du foin fraîchement coupé! Ce n'est rien me direz-vous, mais moi, vieille paysanne, ça me prend les tripes et pour un peu, je me mettrais à pleurer, tellement ça me rappelle ma jeunesse, avec mes parents...
Mon père n'a jamais eu de tracteur; toute sa vie de viticulteur, il l'a passée au cul du cheval, à labourer,à ouvrir des sillons bien droits, à sulfater,à soufrer,à guider la charrette, enfin tout ce qui faisait l'existence d'un paysan de l'époque; L'écurie était située au rez de chaussée de la maison, qui comptait 2 étages d'habitation, surmontés d'un immense grenier à foin où je me réfugiais très souvent pour rêver, quand il pleuvait ....
Les chevaux qui se sont succédés dans l'écurie étaient d'énormes chevaux de trait que l'on nourrissait d'avoine, de betteraves fourragères, et bien sûr de
foin.
Mon père avait remplacé la faux à main par une machine à faucher, et je n'étais pas peu fière de monter sur le siège d'acier, percé de trous, pour guider la faux mécanique!
Après , on "tournait" le foin avec une fourche en bois, et quand il était sec, on le chargeait sur la charrette et on le montait à l'aide de grands draps,crochetés à une énorme corde,et d'une "carrelle" poulie accrochée à la fenêtre, dans le grenier! La chaleur était suffocante, et la poussière se collait à la peau!Mais j'avais 12 ans, et c'est dans le plus beau des tiroirs de mon coeur que j'ai conservé ces souvenirs, avec même un compartiment pour les odeurs!
Je me suis endormie sereine, en rentrant de ma promenade, me sentant privilégiée d'avoir connu cette époque...et ce bonheur!
Vous voyez ma rue des Boyers,dans les années
60, avec mon papa, qui arrive de la campagne, et s'apprête à "detteler" Bijou...
Avec le panier, c'est ma maman, qui parle avec
Maryse, notre voisine.La dame, de dos, c'est Mathilde, la maman de Germaine, qui est notre doyenne.....
Sur la charrette,à droite c'est Andrée Barra, au milieu c'est ma cousine Magali, et à gauche , c'est moi..Nous sommes aux grands près, sous la barre de Ville, le vieux Flassans..Et j'ai, à peu près, l'âge de mon petit fils, aujourd'hui....
Il n'y a plus de chevaux de traits.....
Mais le foin que l'on coupe sent toujours aussi bon!
Je vous souhaite la bonne nuit...............
Gros bisous de votre
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